1ère partie : le Bas Dolpo (25/08 au 02/09)

1 Jumla - Dochal (2650) ; 2h30 ; +200 -100

2 Chotra (3100) ; 6h30 ; +850 -400

3 Chaurikot (3100) ; 6h ; +950 -950

4 Chisopani Ghot (3300) ; 5h15 ; +850 -650

5 Liku (2450) ; 7h ; +850 -1700

6 Kageni (2300) ; 6h ; +450 -600

7 Sanduwa (3070) ; 7h15 ; +1200 -430

8 Phoksundo (3590) ; 3h ; +690 -170

9 Phoksundo (3590) ; REPOS



Et nous voilà partis ! (25 août)  


Nous voilà partis mais allégés de 2 bouteilles de gaz chacun (ça ne passait pas à l'aéroport) et avec un jour de retard (le petit coucou ne pouvait pas passer à travers les nuages).


Nous commençons par le district de Jumla, et dès les premières heures de marche nous avons l'impression d'être pris dans un autre monde. Peut-être est-ce la cérémonie dans ce village, ou les maisons, cet homme avec son doko sur le dos ou la homestay qui nous accueille....

4  jours que nous marchons (28 août) :

 

Depuis Jumla, l'itinéraire nous mène à travers les pistes défoncées par la mousson. La boue omniprésente, les cours d'eau et les glissements de terrain envahissant le chemin transforment notre marche en saut d'obstacles.

Arrivant détrempés en fin d'étape ; épuisés par notre sac de 15 kg ; l'acclimatation à des altitudes de plus de 3000 m et notre manque flagrant de condition physique, l'accueil proposé par les villageois à un goût d'hôtel 5 étoiles. La toilette on oublie, le matelas aussi, mais le poêle de la pièce centrale offre un refuge inespéré à nos corps et nos esprits fatigués.

La mousson limite beaucoup nos vues sur ces premiers jours de marche, alors nous nous distrayons en regardant les petits totems de la religion oraculaire qui est pratiquée ici. Elle se mélange avec hindouisme et bouddhisme, donnant un joli syncrétisme.

6 jours que nous marchons (30 août) :


L'excitation monte. Nous venons de " tourner à gauche" à Suligad pour nous engager dans une gorge étroite orientée plein nord. Dans 2 jours, nous serons sur les rives du mythique lac Phoksundo, le premier gros objectif de notre trek !


La montée au lac se révèle en fait une succession interminable de "up and down". Un effort intense pour grimper une épaule de la rivière est invariablement suivi par une descente "casse pattes" sur les rives de cette dernière ; quand ce n'est pas carrément le chemin inondé de plus d'un mètre d'eau qui nous oblige à des "variantes alpines" musclées. Après 12h de ce régime, abasourdis par le bruit de la rivière en crue, et seulement 1500 m d'altitude gagnés, la vue du paisible lac nous paraît un mirage lointain...


9 jours que nous marchons (2 septembre) :


Je disais mythique Phoksundo, et ceci à plusieurs titres.


Tout d'abord, pour les trekkers comme nous, la beauté inouïe des lieux à quelque chose d'électrisant. Difficile de détacher le regard du bleu turquoise !

L'imaginaire autour du lac est riche des images du film "Himalaya enfance d'un chef" dans lequel un yak chute du sentier surplombant le lac que nous emprunterons pour entrer dans le Haut Dolpo. Ce chemin ouvre en effet la voie vers la région très reculée, aux influences tibétaines que nous explorerons par la suite.


Ensuite la légende entourant la formation du lac relève d'une mythologie propre à l'aire culturelle du bouddhisme tibétain dans laquelle les étendues d'eau sont résultant des méfaits d'une démone.


Enfin, le village de Ringmo et sa belle gompa au bord de l'eau passionne les ethnologues puisque ces habitants pratiquent la religion Bön, "ancêtre" du bouddhisme. Là où la plupart des villages ont abandonné cette religion pour le bouddhisme, Ringmo a fait l'inverse en se reconvertissant au Bön. Cependant, pour l'oeil inaverti, difficile de faire le distingo entre les 2 religions, si ce n'est en observant les circumanbulations des croyants autour des murs à mani ou des chortens. Chez les Bönpo on tourne de droite à gauche, et inversement chez les bouddhistes.